vendredi 25 mai 2012

A, comme Anatole ...France, mon premier auteur

Mention spéciale à Anatole France, mon premier auteur et mon premier "vrai livre", avec Crainquebille


A





Achard, Marcel
. Le plus grand prix qu’on puisse payer pour quoi que ce soit, c’est de le demander.

Aïssé Charlotte-Elisabeth
. Tout n’est qu’apparence chez les hommes : le masque tombe à la plus petite occasion.
. Un peu plus tôt, un peu plus tard, qu’est-ce que la vie ?

Alain
. La psychologie de notre temps ne se relèvera point de son erreur principale qui est d’avoir trop cru              les fous et les malades.
. Désordre dans le corps, erreur dans l’esprit, l’un nourrissant l’autre, voilà le réel de l’imagination.
. C’est toujours par l’ennui et ses folies que l’ordre social est rompu.
. Je plains ceux qui ont l’air intelligent; c’est une promesse qu’on ne peut tenir.
. Remarquez que le signe du oui est d’un homme qui s’endort; au contraire le réveil secoue la tête et                dit non.
D’alambert
. Les plaisirs qu’on goûte dans [la] société sont faits pour consoler des devoirs et du temps qu’on met             à les remplir.

Allais Alphonse
. L’origine de tous ces maux, citoyens, n’allez pas la chercher plus loin : c’est le microbe de la                         bureaucratie. Or, on ne parlemente pas avec les microbes. On les tue.

Althuser Louis
. Le marxisme n’est pas plus, du point de vue théorique, un historicisme qu’il n’est un humanisme.

Amfrieux Guillaume
. Bonne ou mauvaise santé fait notre philosophie.
. La jouissance de nos biens ne vaut pas l’impatience ni l’ardeur de nos souhaits.

Anouilh Jean
. Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit enfin accepter d’être             un homme.
. J’aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces... Il y aura toujours un chien perdu                       quelque part qui m’empêchera d’être heureu[x]se.

Appolinaire Guillaume
. On ne peut pas transporter partout avec soi le cadavre de son père.
. C’est le Christ qui monte au ciel mieux que les aviateurs.
. L’on peut prévoir le jour où, le phonographe et le cinéma étant devenus les seules formes                              d’impression en usage, les poètes auront une liberté inconnue jusqu’à présent.
. On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l’on soit aventureux et que l’on aille à la                     découverte.

Aragon Louis
. On sait que le propre du génie est de fournir des idées aux crétins une vingtaine d’années plus tard.
. La vie est un voyageur qui laisse traîner son manteau derrière lui pour effacer ses traces.
. La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est au bout du compte son visage.
. Il n’y a pas de lumière sans ombre.
. Je crois encore qu’on pense à partir de ce qu’on écrit et pas le contraire.

Arnault Antoine-Vincent
. Les erreurs de l'esprit, en certaines circonstances, sont pires que des crimes.
. Il en est de la bêtise comme de l'esprit. La prétention en fait de la sottise, et la sottise ,'est pas                       toujours gaie.
. La chose importante, en tout, est de paraître à propos.
. Faire des vers et ne pas mettre l'orthographe, c'est porter un habit brodé sans porter de chemise.
. Nous portons en nous le germe de plus d'une maladie grave, dont nous semblons être exempts tant              que ne s'est pas rencontrée la circonstance qui doit en provoquer l'explosion.
. [Sous la Terreur] Enfreindre la discipline était déjà un acte de patriotisme.
. Un bienfait refusé tient souvent lieu d'offense.
. Le peuple n'écoute guère que ce qu'il ne comprend pas.
. Comme le font les militaires et les poètes pour leurs rivaux, il est rare que les éloges que donnent les               femmes à leurs rivales ne soient accompagnées de quelques correctifs.
. La crédulité de la multitude veut du mystère, sa pauvreté du luxe, sa curiosité du spectacle.
. La vengeance prend trop souvent le caractère du crime qu'elle punit.
. En révolution les crimes sont toujours doubles au moins, et la société n'a pas moins à se garder de la            vengeance que de l'offense.
. Les ressentiments des lâches sont plus implacables que ceux des braves.
. Le lâche à un mal de plus que le brave à venger, le mal que fait la peur.
. Les tartufes politiques se font porter au pouvoir par le peuple, qu'ils flattent pour le séduire et                         affectent de servir pour parvenir à le dominer.
. Les cœurs les plus durs ont besoin de se reposer du mal.
. Les fortes émotions naissent de situations fortes : voilà pourquoi, dans les arts, la représentation du                bonheur ennuie à la longue, voilà pourquoi on lui préfère la fatigue qu'excite le spectacle d'une grande            infortune [et plus généralement, voilà pourquoi le mal prend le pas sur le bien].

Artaud Antonin
. Ce qui distingue les forfaits de la vie de ceux du théâtre, c’est que dans la vie on fait plus et on dit                   moins.
. Là où ça sent la merde ça sent l’être

Aymé Marcel
. C’est la faiblesse de presque tous les écrivains qu’ils donneraient le meilleur d’eux-mêmes et ce qu’ils             ont écrit de plus propre pour obtenir un emploi de cireur de bottes dans la politique.
. L’injustice sociale est une évidence si familière, elle est d’une constitution si robuste, qu’elle paraît                 facilement naturelle à ceux mêmes qui en sont victimes...
. Un garçon qui étudie jusqu’à vingt ou vingt-cinq ans est un petit monsieur qui capitalise sa jeunesse                 au lieu d’en faire un usage normal, immédiat.
. On ne s’évade de sa condition [...] qu’en se hissant à une autre.
. Une certaine sentimentalité peut, au même titre qu’un certain romantisme, être considérée comme un             excellent matériau révolutionnaire.

. Le grand ennemi de la France, c’est la culture générale qui poétise et dramatise l’univers et nous en              dérobe la réalité.

jeudi 17 mai 2012

Du bon usage des citations



Quelques mots peuvent aider à tirer parti du présent recueil ; à s'abreuver aux suintements qu'est cette littérature abrégée, quintessence d'une pléthore des livres, accumulés par le temps ou produits d'un book-business florissant, au moins quant au nombre.
S’il est assez aisé de conduire l’éducation des jeunes enfants par le catéchisme, pratique à laquelle la candeur de leur esprit les dispose naturellement, il est moins sûr de les voir admettre, lorsqu’ils parviennent à l’adolescence puis à l'âge adulte, les valeurs que l’expérience, peut faire considérer comme essentielles. Dès lors qu’ils pensent savoir lire, qu’ils se considèrent en mesure de comprendre ce qu’ils lisent, leur soif d’indépendance aidant, ils sont davantage portés au refus et à la contestation qu’à l’écoute, en particulier de leurs proches. Il s’agit dorénavant, pour les moins contestataires d'entre eux, de tuer, ne serait-ce que des idées, pour exister à leur tour. C'est cela aussi tuer le père.
Les éducateurs confrontés à cette situation – ils sont nombreux – pourront trouver dans un recueil de citations, sinon le bon sens qui, chacun le sait, n’est pas le même pour tout le monde, au moins une incitation à la réflexion. N’est-ce pas là l’essentiel ?

 Le dictionnaire est par nature le genre préféré des auteurs paresseux, encore que l'auteur d'un dictionnaire soit tout sauf un auteur. Que dire alors d'un dictionnaire de citations ?
D'abord, qu'il ne s'agit pas d'un dictionnaire mais d'un recueil que seul peut assimiler à un genre aussi noble, l'ordre selon lequel est classé son contenu. Habile réponse, chacun en conviendra, d'autant plus qu'elle lève une ambiguïté, son auteur s'en trouvant ramené au rôle de copieur, ce en quoi il n'a que ce qu'il mérite.
Dès lors, nulle compétence particulière n'est requise. Pour ce qui est du maniement de la langue par exemple, il sera celui pratiqué à ses sources, puisque non seulement il suffit mais il est recommandé d'y être aussi fidèle que possible. Quant à l'ordonnancement, au classement des citations